En
guise d’introduction
Récemment,
on a beaucoup parlé des projets de loi que
le gouvernement Charest a fait adopter à la
hâte juste avant Noël, en imposant le bâillon.
Voyons de quoi il en retourne exactement. Que sont-ils
ces fameux projets de loi ? Les textes qui suivent
sont tirés, en majeure partie, de divers documents
élaborés par la CSN. C’est à
nous de les comprendre et de les analyser.
Il
faut cesser de croire que l’État est
un outil qui vise à établir une équité
et une justice entre les travailleurs-travailleuses
et le patronat. Il faut cesser de croire que l’État
c’est PAR nous et POUR nous, c’est bien
PAR nous parce qu’avec notre argent (taxes et
impôts) mais ce n’est pas nécessairement
POUR nous ! L’État est un outil du pouvoir
capitaliste et patriarcal qui institutionnalise, légalise
et normalise les rapports de pouvoir et d’exploitation.
L’État légifère et cautionne
notre exploitation. Les gens qui dirigent l’État,
ce sont les politiciens et les hauts fonctionnaires.
Et regardez bien quelles décisions prennent
ces gens !
RIEN,
absolument RIEN dans ces projets de loi va dans le
sens de l’amélioration de nos conditions
de vie et de travail. Cependant, une chose est claire
et limpide, le patronat doit être excessivement
satisfait de ce que le gouvernement vient de proposer
et d’adopter à la hâte. Il est
impératif de bien saisir où sont les
intérêts des gens qui dirigent l’État.
Observez les décisions qu’ils prennent
et tirez-en vos propres conclusions.
Projet
de loi 31
Loi
modifiant le Code du travail (spécifiquement
l’article 45 du Code du travail)
Ce
projet de loi prévoit des modifications aux
règles du Code du travail applicables lors
d’une concession partielle d’entreprise.
Lorsque les travailleurs et les travailleuses d’une
entreprise décident de se donner un syndicat
et de négocier leur conditions de travail,
ils ne veulent pas que tout cela, en plus de leurs
emplois, puisse être balayé du revers
de la main par une simple réorganisation de
l’entreprise. C’est précisément
ce que garantit l’article 45 du Code du travail
du Québec.
Cet
article protège les travailleurs et les travailleuses
dans l’exercice de droits fondamentaux : s’associer
pour former un syndicat et négocier leurs conditions
de travail. Ainsi, si l’employeur transfère
en tout ou en partie ses activités à
une autre entreprise, l’accréditation
syndicale et les conditions de travail survivent à
cette décision.
Le
projet de loi 31 stipule qu’une entreprise qui
transfère une partie de ses activités
à un sous-traitant sans lui vendre à
la fois ses équipements, machinerie, savoir-faire,
etc., bref sans lui transférer « la plupart
de ses éléments caractéristiques
», l’article 45 ne s’appliquera
pas. L’accréditation syndicale n’existera
plus pour couvrir ces emplois. Les conditions de travail
négociées n’existeront plus. Le
sous-traitant fera donc ce qu’il veut !
Le
projet de loi élimine aussi tout préavis
de l’employeur au syndicat avant de procéder
au transfert des activités. Dans les cas où
l’article 45 s’appliquera encore, le syndicat
demeurera mais la convention collective disparaîtra
le jour même de la concession. Aux poubelles
l’ancienneté, les salaires et les vacances!
Qu’il
s’agisse de sous-traitance d’entretien
mécanique, d’entretien ménager,
de cuisines ou cafétérias, de buanderies,
d’usinage ou d’assemblage de pièces,
de transport, de ramassage de la neige ou des ordures,
s’il n’y a pas au minimum transfert des
équipements ou véhicules, il n’y
a plus de syndicat ou de conditions de travail négociées
pour ces travailleurs et travailleuses. Sans préavis,
des travailleurs et travailleuses apprendront un beau
jour qu’ils viennent de changer d’employeur
et que c’est lui qui décide de leurs
conditions de travail.
un
exemple simple : La direction d’un centre hospitalier
veut transférer son service de cafétéria
à un sous-traitant. La direction n’aura
qu’à vendre son service de cafétéria
sans vendre l’équipement de cafétéria
pour que les conditions de l’article 45 du code
du travail ne s’applique pas. En clair, ça
veut dire que le sous-traitant qui aura acheté
le service de cafétéria n’aura
aucunement l’obligation d’embaucher le
personnel syndiqué en place et de lui accorder
les mêmes conditions de travail et de salaire.
Simple comme bonjour. Il n’y a pas eu de transfert
d’équipement, l’article 45 ne s’applique
pas. Le sous-traitant rentre avec son équipement
et avec son personnel. Dehors les syndiquéEs!
Avec le projet de loi 31, le gouvernement donne des
outils aux entreprises qui veulent empêcher
la syndicalisation ou briser les syndicats existants.
De plus, le gouvernement donne des outils au patronat
pour exercer une pression à la baisse sur les
conditions de travail.
Projet
de loi 30
Loi
concernant les unités de négociation
dans le secteur des affaires sociales et modifiant
la loi sur le régime de négociation
des conventions collectives dans les secteurs publics
et parapublics.
Le
projet de loi 30 propose deux modifications de fond.
D’abord, ce projet de loi procèdera à
la réduction du nombre d’unités
syndicales dans les établissements de santé
et de services sociaux, en forçant une recomposition
selon un modèle unique composé de cinq
strates prédéterminées et inamovibles
:
-Le
personnel infirmier
-Le
personnel en soins infirmiers et para-techniques (préposés
aux bénéficiaires, infirmières
auxiliaires, auxiliaires familiales et sociales)
-Le
personnel de bureau, les techniciens et le personnel
de l’administration
-Les
techniciens et les professionnels de la santé
et des services sociaux
-Le
personnel des services auxiliaires et de métiers.
De
plus, le projet de loi renvoie aux parties locales
la responsabilité exclusive de négocier
une série de 26 matières qui composent
le cœur de la convention collective en matière
d’organisation du travail et de conditions de
travail non pécuniaires. Ce qui veut dire que
dans chaque établissement, cinq négociations
se dérouleront quasi-simultanément.
Dès
qu’une unité de négociation est
reconnue pour représenter une des strates prévues
à la loi, le processus de négociation
des matières locales peut s’enclencher.
Les parties locales disposent alors de douze mois
pour parvenir à une entente sur l’ensemble
des 26 matières.
En
d’autres mots, ce que nous devons comprendre,
c’est que le projet de loi 30 :
D’une
part, veut empêcher la solidarité entre
les travailleurs et travailleuses en les isolant au
sein de 5 catégories purement arbitraires.
En fragmentant les actuelles unités syndicales,
le ministre vise à diviser les syndicats, à
les mettre en concurrence, à amoindrir leur
rapport de force et à éloigner les corps
d’emploi les uns des autres. De plus, il est
facile de faire le lien entre la création des
5 nouvelles catégories bien définies
et la volonté du gouvernement de faciliter
le recours à la sous-traitance. Ça fait
des années qu’il est question de remettre
au secteur privé les services de soutien (services
alimentaires, entretien ménager, buanderie),
les services administratifs ainsi que les services
de laboratoire. Ce sera d’autant plus facile
qu’avec la disparition des syndicats généraux,
ces services feront partie de catégories distinctes.
D’autre
part, les modifications qu’apporte le projet
de loi 30 dans le secteur de la santé et des
services sociaux, visent principalement à situer
au niveau local ou régional la négociation
de sujets qui relève actuellement des parties
nationales. Le projet de loi 30 aura donc pour effet
de briser l’uniformité et l’équité
dans les conditions de travail applicables à
travers la province pour l’ensemble des employéEs
du réseau de la santé et des services
sociaux.
Projet
de loi 25
Loi
sur les agences de développement de réseaux
locaux de services de santé et de services
sociaux
Éléments
majeurs du projet de loi 25 :
1.
l’abolition des régies régionales;
2.
la fusion en un seul établissement des hôpitaux,
CLSC et CHSLD d’un même territoire;
3.
La suspension de la participation des citoyenNEs éluEs
à la gestion du réseau.
Avec
le projet de loi 25, l’intention inavouée
du gouvernement, est de concentrer les pouvoirs et
les ressources vers les soins aigus et curatifs en
milieu hospitalier pour se garder l’option de
privatiser ailleurs.
Projet
de loi 32
Loi
modifiant la Loi sur les centres de la petite enfance
et autres services de garde à l’enfance
concernant les places donnant droit à des subventions
Le projet de loi 32 vient imposer une hausse des coûts
des frais de garde les faisant passer de 5 à
7 $ par jour. De plus, on doit s’attendre, dans
le prochain budget, à la mise en place de mesures
fiscales qui permettraient au gouvernement d’implanter
de façon sournoise un des scénarios
proposés pour le financement : la tarification
en fonction du revenu familial. Il faut donc s’attendre,
pour très bientôt, à la fin de
l’universalité des services de garde.
Ensuite,
dans les perspectives soulevées par ce projet
de loi, le développement des garderies commerciales
est toujours à l’ordre du jour, et les
propriétaires de celles-ci obtiennent des réponses
à plusieurs de leurs demandes. Ainsi, le projet
de loi accorde au ministre le pouvoir de transférer
des places allouées d’un centre à
la petite enfance (CPE) vers une garderie commerciale,
et vice-versa, lorsqu’il évalue que ces
places ne peuvent être développées
dans le délai qu’il détermine.
Enfin, les garderies commerciales pourront maintenant
bénéficier de places à contribution
réduite après entente avec le ministre.
Pour
faire office de conclusion
Comment
pouvons-nous accepter de nous faire diriger par des
Martin, Charest ou Bouchard ? Ce sont des hommes riches,
et leurs amis le sont encore plus. Ces hommes font
partie de la grande bourgeoisie québécoise
et canadienne. Leurs amis et les membres de leurs
familles ce sont des gens qui possèdent des
entreprises, des grandes entreprises qui exploitent
les travailleurs et les travailleuses. Ces hommes,
ils ne vivent pas comme nous, ils ne sont pas nos
voisins. Notre bien-être, c’est la dernière
de leurs préoccupations.
Ces
projets de loi que nous ont fabriqué Charest
et sa clique visent à réduire sinon
retirer complètement les droits des travailleurs
et des travailleuses.Enfin,
maintenant que les projets de loi ont été
adoptés, la porte est toute grande ouverte
à la sous-traitance dans la santé et
les services sociaux. Quels merveilleux cadeaux de
Noël pour le patronat que ces projets de loi,
bien emballés et bien ficelés.
Et
la plus grande force des capitalistes et de leurs
bouffons, c’est de réussir à nous
faire avaler que ces mesures sont pour notre bien.
La richesse, nous ne l’avons pas volée,
nous l’avons créée par notre travail
et par celui des travailleurs et travailleuses de
partout à travers le monde. Les plus grands
bandits, c’est tous les Martin et Péladeau
de ce monde. Le système capitaliste qui est
le leur, est la plus grande supercherie des derniers
siècles. Le capitalisme, c’est du vol
érigé en système. Un système
pyramidale avec un « gang » restreint
à son sommet. Créons notre escouade
CARCAJOU et démantelons les cliques de riches
qui ne font que produire misère, souffrance
et pauvreté.
