En
guise d’introduction
Dans
la foulée des projets de loi adoptés
à la hâte juste avant Noël, il y
a deux projets de loi qui touchent particulièrement
la question du travail des femmes. Plutôt que
de donner de bonnes conditions de travail aux femmes
ainsi que des revenus de travail décents et
acceptables, le gouvernement Charest (pour ne pas
dire Charogne), fabrique des projets de loi qui viendront
grandement augmenter la précarisation du travail
des femmes ainsi que leur insécurité
financière.
Le
projet de loi 7
Les
travailleurs et travailleuses des ressources intermédiaires
du réseau de la santé et des services
sociaux seront touchéEs
Ce
projet de loi est parrainé par le ministre
Couillard, pour ne pas dire Couillon ! (ministre de
la santé et des services sociaux). Le projet
de loi 7 enlève le droit de se syndiquer aux
travailleurs et travailleuses des ressources intermédiaires
dans le secteur de la santé et des services
sociaux. Quand nous parlons de ressources intermédiaires,
il s’agit, par exemple, des personnes oeuvrant
à titre de famille d’accueil pour les
enfants en difficulté ou encore les familles
d’accueil pour les personnes handicapées.
Le projet de loi 7 stipule que ces travailleurs et
travailleuses ne sont pas considéréEs
comme étant des salariés au sens du
Code du travail et par conséquent, n’ont
pas le droit de se syndiquer.
Le
projet de loi 8
Les
travailleuses dans les garderies en milieu familial
seront touchées
Le
projet de loi 8 a le même effet que le projet
de loi 7 mais plutôt que de s’appliquer
aux travailleurs et travailleuses des ressources intermédiaires
du secteur de la santé et des services sociaux
(voir le projet de loi 7), il s’applique aux
travailleurs et travailleuses en milieu de garde familiale.
En d’autres mots, ce que le projet de loi 8
affirme, c’est que les personnes qui opèrent
des garderies en milieu familial chez elles, ne peuvent
se syndiquer car elles ne seront plus reconnues par
le Code du travail comme étant des salariés.
De plus, les projets de loi 7 et 8 ont une portée
rétroactive qui aura pour effet d’invalider
l’accréditation syndicale qu’ont
déjà obtenue plus de 1250 personnes
oeuvrant dans le réseau (oeuvrant dans les
ressources intermédiaires et dans les garderies
en milieu familial).
Pour
faire office de conclusion
Encore
une fois, ces deux projets de loi viennent fragiliser
encore d’avantage les conditions salariales
et de travail de plusieurs femmes québécoises.
Ainsi, les deux projets de loi touchent des emplois
dans lesquels les femmes sont très majoritaires.
Il est clair que ce sont principalement des femmes
qui travaillent dans les garderies en milieu familial
ainsi que dans ce qu’on appelle les «
ressources intermédiaires » en santé
et services sociaux.
Nos
mères et nos grand-mères se sont battues
pour qu’on reconnaisse le travail non payé
des femmes comme du travail utile à toute la
société donc, devant être assumé,
non plus juste par les femmes mais par la société
au complet. C’est donc, en partie, ainsi que
sont nés des corps de métier tels les
enseignantes, les infirmières, les éducatrices
en garderie, etc.
Et
maintenant, le gouvernement Charest est en train de
dire, sans gêne et sans pudeur, que ce travail
d’éducation et de soin aux personnes
les plus vulnérables, comme les enfants et
les personnes malades, doit revenir à son ancien
statut. Les travailleuses qui ont choisi d’ouvrir
des garderies ou des familles d’accueil chez
elles sont ainsi laissées sans protection et
sans garantie. Le gouvernement Charest affirme maintenant
que ces travailleuses ne sont pas des « salariés
» au sens du Code du travail du Québec.
Que cela insinue-t-il ? C’est que le travail
domestique, d’éducation et de soin est
un travail qui incombe aux femmes et ce, de façon
naturelle et spontanée. Femmes, soyez honteuses
de revendiquer que ce travail, si grrrratifiant d’ailleurs,
soit payé et bien payé.
Imaginez
si les travailleuses des garderies en milieu familial
étaient payées à l’acte
: 10 $ pour la lecture d’un livre, 20 $ pour
le service de repas, 15 $ pour la promenade à
l’extérieur ….. et, si c’est
l’éducatrice qui apprend à l’enfant
à marcher, elle aura droit à un bonus.
De plus, les compagnies de jouets et de produits de
soins pour enfants pourraient se mettre à offrir
des voyages et des soupers gratuits aux éducatrices
qui ont offert les meilleurs rendements durant le
mois. La garderie Les Petits Mognons pourrait être
cotée en bourse.
Évidemment,
il n’en va pas ainsi dans un système
où tout ce qui ne se quantifie pas, ne se monnaie
pas, ne se marchandise pas, n’a aucune valeur.
Sans le travail « pas payé » ou
« sous payé » des femmes, le système
s’effondrerait. Imaginez qu’on attribue
une valeur marchande au travail «non reconnu
» des femmes. Il n’y a pas de profit à
faire avec les garderies en milieu familial et avec
les ressources intermédiaires, on renvoie donc
cela dans les cuisines des femmes, aux bons soins
des femmes !
